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EDITORIAL : IDEOLOGIE DE L’IRRESPONSABILITE ET ECHECS SCOLAIRES MASSIFS EN COTE D’IVOIRE
Posté le Dimanche 30 août 2009 par achiepo
PCRCI

A propos  des résultats scolaires 2008-2009 en Côte d’Ivoire, Fraternité Matin, le quotidien pro-gouvernemental a affiché à sa « Une » du mardi 18 août 2009, le titre suivant : « Gouvernement, enseignants, parents, élèves, tous coupables. » Ce titre est un bel hymne à l’irresponsabilité, car si tout le monde est coupable, c’est qu’en fait, personne ne doit et ne peut être condamné. En effet, le sens premier du mot coupable signifie auteur de crime, donc passible d’une peine d’emprisonnement. Et comme tout le monde ne peut aller en prison parce qu’il faut tout de même des gardiens de prison, tout le monde est quitte et a la conscience libre.

 

 

 

 



Les journalistes de Fraternité Matin ont une fois encore fait avec une grande fidélité leur travail de relayeur de l’idéologie de la haute-bourgeoisie ivoirienne. Cette idéologie prêche l’irresponsabilité des tenants du pouvoir qui sont pourtant censé occuper des postes de responsabilité. C’est une idéologie qui est véhiculée avec de puissants moyens de communication. Toutefois, ces puissants moyens ne manquent pas de présenter des failles qui ne permettent pas de berner le peuple tout le temps. Le morceau est, en effet, trop gros pour être aisément avalé. Comment convaincre que le gouvernement d’un pays qui prélève des impôts pour assurer, entre autres, l’instruction  des enfants et qui choisit un de ses membres pour diriger spécifiquement ce secteur, fuit ses responsabilités pour accuser le citoyen ordinaire d’être le responsable de son incapacité. Dans les pays modernes, un tel gouvernement démissionne ou se sépare de son membre incompétent. Mais comme les postes au gouvernement de la haute-bourgeoisie sont des sinécures, c’est-à-dire des occasions pour se remplir les poches, un discours indigeste comme celui tenu par le ministre de l’éducation nationale n’est pas rejeté, mais au contraire est repris par les journalistes de Fraternité Matin comme des caisses de résonnance.

Le peuple ivoirien qui est désormais prêt à assumer ses responsabilités n’est de toutes les façons plus dupe. Les tenants du pouvoir ont montré leur incapacité à diriger, il y a de cela bien longtemps. Les résultats des derniers examens scolaires ne sont qu’une preuve supplémentaire de cette incapacité. Le temps n’est plus loin où le peuple prendra lui-même ses responsabilités.

 La Rédaction

RESULTATS CATASTROPHIQUES DES EXAMENS DU SECONDAIRE : LA FACE VISIBLE DE LA FAILLITE DU SYSTEME NEOCOLONIAL

 

 

Les examens du secondaire ont rendu leurs résultats : 20% d’admis au bac et 23%au BEPC. De tels résultats injurieux pour l’intelligence de la jeunesse ivoirienne nous amènent à nous interroger sur les causes d’une telle débâcle.

En effet, l’Etat de Côte d’Ivoire, avec les programmes d’ajustements structurels (PAS) sur recommandation du FMI et de la Banque Mondiale , s’est désengagé depuis plus de 20 ans de l’école publique sur recommandation du FMI et de la Banque Mondiale. L’Etat ivoirien ne construit plus d’écoles. Ce rôle est désormais dévolu aux collectivités décentralisées qui ne reçoivent aucun moyen pour faire face à cette charge. Conséquence : les infrastructures d’accueil sont insuffisantes, les effectifs pléthoriques, le ratio élèves/enseignants très élevé. Dans ces conditions, les normes pédagogiques sont bafouées d’où la sous-évaluation des élèves. Comme parade, le gouvernement a trouvé la double vacation qui n’est qu’une fuite en avant.

L’année scolaire 2008/2009  a été particulièrement émaillée de soubresauts. Les enseignants du secondaire public et technique ont observé de nombreux arrêts de travail suite au mépris du gouvernement face à leur revendication et face à la non tenue des promesses à eux faites par celui-ci, provoquant le blocage de l’école sur une longue période.

Sommaire

1.       Résultats catastrophiques des examens du secondaire : la face visible de la faillite du système néocolonial….  P.1

2.       Ecole gratuite, où es-tu ? ……………………………………………………………………………………………….... P. 2

3.       L’école ivoirienne vers la privatisation ……………………………………………………………………………………  P.3

4.       La démission du gouvernement, la cause première des échecs massifs aux examens en Côte d’Ivoire ……….. P.3

5.        Examens scolaires de fin d’année : les résultats à l’image de l’école ivoirienne……………………….. …………. .P. 4

 

 

 

 

 

 A ces blocages dus à la non résolution des problèmes des enseignants, il faut ajouter le dictât  des éléments de la Fesci qui bloquent sans raisons les cours en toute impunité au grand désarroi des élèves, des enseignants et des chefs d’établissement.

 

Aussi, les résultats des examens du secondaire  2008-2009, sont-ils l’aboutissement logique de la gestion de l’école par le gouvernement. Le secteur éducation a été jugé non productif depuis 1980. Il ne mérite donc pas les investissements publics. Il y a donc une absence totale de politique d’éducation formation au service du développement par et pour les ivoiriens en dehors de la norme fixée par l’impérialisme international. On fait donc du sur place. On se contente de gérer l’héritage néocolonial tout en faisant en sorte que celui qui veut faire de bonnes études, paie de sa poche. Cette  politique de soumission répond à des objectifs idéologiques. Il faut faire en sorte que la qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures soit de la plus pauvre sorte pour agrandir le fossé de l’ignorance  et isoler les classes inférieures des classes supérieures afin de leurs enlever toutes capacités de réflexions et d’analyses sur leur conditions d’existence et de survie. On  ne serait donc pas surpris de voir un taux d’orientation en 2nde des plus faibles (10 à 15%) car depuis des années la classe de 3ème est devenue une barrière infranchissable pour de nombreux élèves, les mettant ainsi à la rue. Il en sera de même pour les élèves admis au CEPE et dont la très grande majorité ne pourra pas entrer en 6ème faute de places.

 Le président Laurent Gbagbo ne se plait-il pas à rappeler à chaque fois que les ivoiriens sont ignorants ou peu cultivés ce qui lui sert de base pour abuser d’eux en se parant de faux manteaux  d’anti impérialiste alors qu’il applique à  la lettre le programme du capital financier international en matière d’éducation pour pays pauvres. Dans ces conditions l’école ivoirienne ne peut devenir le lieu de formation d’une jeunesse émancipée préparée pour prête à libérer la Côte d’Ivoire.

 

MARIE CRISTELLE DJEDJE

 macrydjedje@yahoo.fr

 ECOLE GRATUITE : OU ES-TU ?

 L’un des thèmes de campagne du candidat Gbagbo aux élections présidentielles de 2000 a été l’école gratuite pour tous. Après sa prise de fonction, des artistes musiciens ont même été commis pour composer des chants et faire la propagande sur les mêmes thèmes. Presque dix ans aujourd’hui que le FPI est au pouvoir, quel bilan peut-on en faire de ce programme ?

 

 

 

L’école gratuite s’est résumée à la distribution de quelques manuels scolaires à une infime partie des écoliers du primaire public. Ces manuels ne sont reçus pour la plupart du temps qu’en plein milieu de l’année scolaire et pour les plus chanceux à la fin du 1er trimestre moyennant une contribution des parents. Il faut noter que l’acquisition de ces manuels scolaires soulage à peine les parents d’élèves tant les problèmes de scolarité sont nombreux dans le primaire public, cible du programme de  l’école gratuite.

 En effet, beaucoup de classes des écoles primaires au nord comme au sud sont fermées faute d’enseignants. Dans certaines régions les élèves se déplacent encore sur des kilomètres pour atteindre d’autres villages afin de prendre les cours ; les parents d’élèves sont soumis à des cotisations à répétition soit pour assurer des salaires à des enseignants bénévoles venus paliers le déficit d’enseignants, soit pour agrandir ou réhabiliter les écoles existantes. Si un parent veut scolariser son enfant qui a 5 ou 6 ans, il doit payer une école privée car, dans les écoles publiques, la priorité est accordée aux enfants de 7 ans à 8 ans.

 De façon générale, l’environnement de l’école publique cible de l’école gratuite s’est considérablement dégradée depuis l’arrivée de Laurent Gbagbo au pouvoir. Les infrastructures manquent ; les maîtres démotivés sont en grève perpétuellement (6 mois de grève en 2007-2008, 2 mois en 2008-2009). L’école gratuite n’a pas encore touché ni le secondaire, ni le supérieur. Pourtant, un gouvernement  qui a au programme l’école gratuite pour tous, même les niveaux qui n’en bénéficient pas encore devraient connaître un fonctionnement normal.  Que constatons-nous ? Au secondaire, les effectifs sont pléthoriques  par manque  de locaux et d’enseignants. Le passage d’un cycle à un autre se heurte à des goulots d’étranglement. Un nombre croissant d’élèves est rejeté hors du circuit sans des solutions alternatives. Au supérieur, c’est la catastrophe. Les étudiants prennent les cours à même le sol et aux fenêtres des amphithéâtres. Les étudiants dorment dans des bâtiments inachevés sur les lieux de cours car n’ayant pas les moyens de se loger. Chaque faculté crée une école privée dans l’école publique ! D’ailleurs, tout est mis en œuvre pour la privatisation totale. C’est le sens des inscriptions qui sont passées de 6 000 francs à 50 000 francs par an.

 

 

 

Au-delà des discours démagogiques et pompeux de Laurent Gbagbo et de ses affidées, l’école ivoirienne à tous les niveaux est plus que payante. L’ouvrier, le paysans pauvre, l’artisan, le petit commerçant et transporteur ne peuvent pas assurer une éducation descente à son enfant aujourd’hui. Le PPTE qu’il présente comme un sésame obtenu par son régime n’est rien d’autre qu’une continuation du programme d’ajustement structurel (PAS) sous d’autres formes. Le taux officiel d’analphabétisme est de 63% et aucune politique de planification de l’éducation de ces jeunes n’est prévue.

 Oui l’école est gratuite pour les hauts-bourgeois qui envoient leurs enfants fréquenter les meilleures écoles américaines et européennes aux frais du contribuable ivoirien. Quant aux enfants du peuple, il n’existe pas d’école gratuite, contrairement à la démagogie des tenants de la refondation. Il existe une école publique payante qui se meurt.

MARIE CRISTELLE DJEDJE

 macrydjedje@yahoo.fr    

 

 

 

L’école ivoirienne vers la privatisation

 Il faut faire la part entre instruire et éduquer. On peut éduquer à l’église, à la mosquée, au couvent et à l’école…etc. Mais contrairement à l’éducation, on instruit seulement qu’à l’école. L’école est donc le lieu où l’Etat instruit sa population. Jadis, l’administration  coloniale avait institué l’école pour deux objectifs :

 1-fournir des auxiliaires locaux à l’administration coloniale ;

2-diffuser et promouvoir une culture française afin de modifier les schémas mentaux traditionnels et donner la vision d’un autre monde « civilisé ».

 Cette école était réservée seulement aux enfants des chefs tribaux, aux enfants de rois et, non à tout le peuple d’où son appellation d’école de caste.

 Depuis 1960, les autorités ivoiriennes pour satisfaire les besoins de la demande en main d’œuvre du capital financier avaient mis l’accent sur l’instruction des enfants. Ce modèle a finit par s’essouffler parce que d’une part de nature néocoloniale, d’autre part, utilisant la langue française comme seul canal d’accès au savoir.

 Pour soutenir ce programme scolaire, les autorités d’alors avaient construit   des universités, des écoles à caractère universitaire, des lycées, des collèges et des écoles primaires.

 A partir de 1980, Houphouët-Boigny et le PDCI vont conduire la Côte d’Ivoire sur le chemin de la privatisation des sociétés d’Etat et l’abandon des secteurs jugés non productifs tels l’enseignement. Cette orientation qui date donc de 1980, est reprise par tous les pouvoirs néocoloniaux qui se sont succédé à la tête du pays jusqu’aujourd’hui. Depuis la période précitée il n’y a plus eu de construction d’écoles, supérieures, secondaires et primaires alors que la demande d’écoles est fortement croissante.

 Le gouvernement de Gbagbo  au lieu de construire des écoles procède à la subdivision des lycées. Exemple : le lycée municipal de Yopougon est divisé en deux établissements et a donné naissance au lycée Pierre Gadier 1 et lycée Pierre Gadier 2. A Daloa le lycée 1 est divisé en deux lycées, le lycée 2 est aussi divisé en deux  établissements.

Le contraste est que, pendant qu’on ne voit plus d’écoles publiques en construction, les écoles privées naissent à tous les coins de rue. En effet, l’Etat de Côte d’Ivoire est même allé jusqu’à créer un service autonome de la promotion de l’enseignement privé (S.A.P.E.P). Le service éducation formation est donc programmé pour être cédé au privé. Le tableau suivant indique l’évolution du nombre d’établissements privés et publics de 2001à 2008.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Année scolaire

 

 

 

 

01-02

 

 

 

 

02-03

 

 

 

 

03-04

 

 

 

 

04-05

 

 

 

 

05-06

 

 

 

 

06-07

 

 

 

 

07-08

 

 

 

 

Etablissements privés

 

 

 

 

928

 

 

 

 

975

 

 

 

 

969

 

 

 

 

988

 

 

 

 

965

 

 

 

 

1001

 

 

 

 

1049

 

 

 

 

Etablissements publics

 

 

 

 

392

 

 

 

 

440

 

 

 

 

452

 

 

 

 

461

 

 

 

 

508

 

 

 

 

573

 

 

 

 

637

 

 

 

 

Comme on le voit, l’Etat accorde au privé de plus en plus d’autorisations d’ouverture d’écoles. Le comble est que beaucoup de ces écoles privées ne sont pas à même d’offrir un enseignement adéquat. Les enseignants n’ont pas la formation requise pour enseigner ; de surcroit, ils sont surexploités par des fondateurs véreux. Les écoles privées boutiques sont l’une des causes des échecs scolaires. Les écoles privées capables d’offrir un enseignement satisfaisant sont généralement hors de portée du pouvoir d’achat de l’ivoirien moyen. Avec cette nouvelle orientation, l’école ivoirienne est devenue une école pour riches. Seuls ceux qui ont l’argent peuvent mettre leurs enfants dans une école privée capable d’offrir un enseignement normal.

 Cette situation n’est pourtant pas une fatalité ; le peuple a le choix entre se battre pour l’arrivée de son propre  pouvoir à même de promouvoir une école publique pour le peuple ou laisser le haut bourgeois tuer l’école publique. Les élèves et étudiants ont le choix de s’organiser dans de vrais syndicats de revendication; les parents d’élèves ont le choix de se désolidariser des COGES corrompus et de s’organiser dans des comités de luttes pour une école nouvelle. Et comme ce fut le cas en France où le combat des élèves combinés aux combats des parents d’élèves a fait reculer le gouvernement de Sarkozy sur son projet de destruction de l’école publique française, parents d’élèves et élèves de Côte d’Ivoire dans un même combat sauveront nécessairement l’école publique.

 

 

                                                                                               ZINO LE PRELAT

 

La demission du gouvernement, la cause des échecs massifs aux examens en côte d’ivoire.

Et oui, c’est le contraire qui aurait pu étonner ! L’échec est à profusion, 80% des candidats ont échoué au BAC, plus de 76% des candidats n’ont pas réussi au BEPC, et  27% ont échoué au CEPE. Pour tout observateur attentif  de l’école ivoirienne, depuis plus d’une décennie, chaque fin d’année est  sanctionnée par des résultats proches de ceux de cette année ; des résultats médiocres, insultants et humiliants. Ce fait n’est pas une fatalité mais une conséquence de plusieurs faits.

 

La Côte d’Ivoire, pays multinational s’est vue imposer une langue étrangère, le français comme soit disant langue officielle. Dans ces conditions, les nationalités vivant dans l’Etat de Côte d’Ivoire (bété, sénoufo, baoulé, Agni, wè…etc.) apprennent le français comme leur « première » langue.

L’enfant de l’ouvrier, du paysan, du petit commerçant et transporteur de Côte d’Ivoire vit dans un environnement multi linguiste où il use de sa langue maternelle à la maison et use du français à l’école. Pour la plupart de ces parents issus des couches pauvres il est impossible d’aider leurs progénitures à faire leur devoir, à apprendre les leçons. Il est également manifeste que cet enfant connait très mal sa langue maternelle car il ne sait ni lire ni écrire dans cette langue. Cette double difficulté est un frein à son épanouissement culturel, à son accès à l’instruction et à la science. C’est pour cela que tous ceux qui abandonne l’école avant la classe de 3ème du secondaire deviennent des analphabètes en français et dans leur langue.

Comme solution, l’ONU à son assemblée générale d’août 2007 à Washington a pris une résolution en faveur des langues maternelles. Cette résolution demande que toutes les langues soient porteuses du discours scientifique. L’UNESCO l’organe  de l’ONU  spécialisé pour l’instruction a fait du 21février journée de la langue maternelle. Que disent nos autorités de cette décision de l’UNESCO dont la Côte d’Ivoire est membre ? Rien ! C’est la démission.

 

En outre, la corruption et la dégénérescence morale et spirituelle dont l’épicentre se situe au sommet du pouvoir actuel gangrène nombre de secteurs de la société ivoirienne et en particulier l’école ivoirienne. Les élèves ne cherche plus à se former, n’étudie plus assez…etc. Ils cherchent les raccourcis pour avoir et diplômes et concours. La corruption et la facilité à l’image de toute la Côte d’Ivoire font rage à l’école ivoirienne. Les cours de renforcement sont payants à 100 F les mercredis et 100 F les samedis au cycle primaire et les compositions et devoirs sont montrés aux élèves assistant à ces cours. Les enseignants ne font plus les cours au secondaire et au supérieur, ils font des fascicules que tous les élèves et étudiants qui suivent ce cours doivent impérativement acheter, sinon ils n’ont pas la moyenne dans la matière. Les exemples de ce type sont légion. Même dans une école à Yopougon l’instituteur vend de l’eau et chaque élève à le devoir d’en acheter chaque jour de classe.

Enfin, le syndicat FESCI qui  est devenu une milice dans nos établissements contrôle l’école ivoirienne dans la zone gouvernementale. Les enseignants ne peuvent plus sanctionner un élève de peur de se faire « gérer » ou violenter, par la FESCI. Ce monstre décide de quand il y a cours, et décrète des congés dans des établissements. Les congés officiels sont précédés d’un jour au moins sur l’ordre de cette milice. Tout ce que nous venons de dire a pour cause première l’abandon de l’école ivoirienne par l’Etat de Côte d’Ivoire.

 

                                                                                     ZINO LE  PRELAT

 EXAMENS SCOLAIRES DE FIN D’ANNEE : LES RESULTATS A L’IMAGE DE L’ECOLE  IVOIRIENNE.

 La proclamation le lundi 10 Août 2009, des résultats du BEPC, achève la ronde des résultats des différents examens scolaires 2008-2009 de l’enseignement général en Côte d’Ivoire. Le moins que l’on puisse dire est que ces résultats sont catastrophiques: 20,27% pour le BAC ; 23,03%  pour le BEPC et 73,92% pour le CEPE. De ce naufrage scolaire collectif, des voix autorisées se félicitent de ce que les tout petits aient tiré leur épingle du jeu par rapport à leurs aînés. Mais à observer ce que le CEPE représente dans l’univers actuel de l’éducation et du travail, il y a de quoi à ne pas pavoiser pour un tel pourcentage. Ces résultats abominables, et nous en convenons avec la maxime populaire « On ne récolte que ce que l’on a semé », sont à l’image de ce que nos gouvernants ont semé depuis des décennies en matière d’éducation. Ils sont le fruit d’une politique d’abandon et de démission de nos gouvernants en matière d’éducation.

 

 

 

D’ailleurs, les déclarations du Ministre de l’Education Nationale qui tentent vainement de faire partager à égalité son échec avec le reste des partenaires de l’école achèvent de prouver que l’école n’est plus une priorité pour les dirigeants de ce pays. Les parents responsables au même titre que lui est un pas que le ministre de l’éducation nationale n’aurait pas dû franchir moralement et intellectuellement dans la débâcle ou mort programmée de l’école ivoirienne. Les parents d’élèves, les enseignants et même les élèvent n’ont jamais interdit à l’Etat la construction des écoles publiques, ni cautionner l’abandon de celle-ci aux mains des opérateurs privés. Ils ne se sont pas opposés à l’application des nombreuses conclusions des états généraux sur l’école ivoirienne, qui ont identifié les maux dont elle souffre et proposé des solutions adéquates qui, au lieu d’être appliquées, dorment au fond des placards de son  ministère. Le ministre, à défaut de démissionner, devrait épargner les ivoiriens des analyses ridicules et aberrantes sur l’école. Quel rôle ou quelle emprise réelle peut avoir un parent, en dépit de sa bonne volonté, sur sa progéniture, dans l’encadrement et l’instruction  de celui-ci, quand lui-même, en proie avec la crise et la misère, est dans l’impossibilité d’assurer le moindre bol de riz ou repas quotidien à sa famille ? A moins que la misère criarde du peuple ivoirien soit pour nos gouvernants une vue d’esprit. Quelle performance doit-on attendre des enseignants lorsqu’ils sont bâillonnés dans leur liberté et dignité ; leurs acquis constamment remis en cause et leurs revendications légitimes reléguées aux calendes grecques.

 En quoi les parents sont-ils responsables quand les gouvernants prennent l’école en otage et font des apprenants leurs bras séculiers et des impunis contre l’école ? Quels résultats peut-on espérer quand les médias avec la complicité des gouvernants font la promotion tous azimuts de la facilité et des modèles de cette nature ? A quel type d’ivoirien doit-on s’attendre si à longueur de journée on fait croire par médias interposés, à l’élève ou apprenant que l’école ne peut lui garantir un avenir radieux et que celui-ci se trouve dans la facilité ambiante, dans le moindre effort. La frange d’ivoiriens, qui pensaient encore que les gouvernements des hauts bourgeois travaillent pour eux, pour l’éducation harmonieuse de leur progéniture, viennent de comprendre à leur dépens que la dégénérescence morale et spirituelle a atteint tous les pans de la société ivoirienne, l’école en particulier. Quand on sait aussi que la dégénérescence de l’école et du savoir dans les pays dominés est organisée par les impérialistes qui conditionnent leurs soutiens et autres aides  au désengagement de l’Etat, du secteur de l’éducation, il est à craindre que le pire est à venir si les peuples africains et ivoiriens en particulier ne se mettent pas debout pour arrêter l’imposture et prendre en main l’éducation, priorité des priorités, de leurs enfants, espoirs de demain.

 

Par Polmaux Pagoti.

Les élections en Côte d’Ivoire auront-elles lieu ou n’auront-elles pas lieu ? Les hauts-bourgeois sont associés au sein du gouvernement pour s’enrichir. Ils n’ont donc pas de souci et ne veulent rien faire pour que les élections aient lieu. Raison de plus pour que le peuple ivoirien se batte pour mettre en place son propre gouvernement, le Gouvernement Révolutionnaire Provisoire (G.R.P).

 

 

 

 


 
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