Editorial
La lutte paysanne en marche : l’usypaci vient de tenir victorieusement son premier congrès ordinaiRE
Cela fait bientôt six ans que les paysans de Côte d’Ivoire ont décidé de se lancer dans la lutte pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Cette lutte vise en particulier, à leur permettre de contribuer au règlement de la question foncière qui empoisonne leur existence dans les campagnes et également à l’obtention de meilleurs prix de leurs produits. Cette résolution est le résultat des leçons tirées par les paysans à qui les gouvernants et des politiciens hauts-bourgeois n’ont cessé de faire des promesses sans lendemain depuis bientôt 50 ans. Les paysans se sont souvent entendu dire : « votez pour moi pour que je règle votre situation ». Et puis après, rien n’est fait. Alors, les paysans se sont dit, trop c’est trop, nous sommes capables de prendre notre destin en main. C’est ce qu’ils ont entrepris de faire.
Le samedi 21 novembre 2009, ils se sont réunis pour leur premier congrès ordinaire à Yamoussoukro sur le thème : Pour la défense de la propriété foncière et des revenus des paysans de Côte d’Ivoire. L’évènement fut tout simplement un succès total au point qu’il est permis d’affirmer que la conscience grandissante des paysans ainsi que la consolidation de leur organisation viennent révolutionner le paysage syndical et social de
la Côte d’Ivoire (voir ci-après, le communiqué final ainsi que les trois résolutions adoptées à l’issue du congrès).
Depuis l’expérience du Syndicat Agricole Africain entre 1944 et 1946, l’USYPACI est la vraie base de la révolte paysanne contre la situation de misère qui lui est imposée depuis des années avec des prix extrêmement bas des produits agricoles au regard des prix pratiqués au niveau mondial. C’est une véritable exploitation des paysans de la part des entreprises multinationales avec la complicité des gouvernants. Ces derniers ont mis en place des mécanismes de ponction insupportables : le Droit Unique de Sortie (DUS) et des structures aussi inutiles que budgétivores (ARCC, FRC, BCC, FDPCC, FGCC…). Cela entraine l’impossibilité d’améliorer les plantations, l’aggravation du niveau de paupérisation (le taux de pauvreté pour 2008 s’élève à 62,5% pour la population paysanne contre 48,9% pour l’ensemble de
la Côte d’Ivoire).
Avec l’USYPACI se dessine une nouvelle ère pour les paysans de Côte d’Ivoire qui ne s’en remettront plus aux promesses démagogiques de politiciens véreux, mais qui compteront sur leur propre force.
Le Comité de Rédaction
Sommaire
1. Communique final du premier congrès ordinaire de l’USYPACI …………………..…………………. .……… P. 2
2. Résolution n°1 relative aux combats pour la défense des prix des productions agricoles …………………….…….………... P. 2
3. Résolution n°2 relative au financement de l’USYPACI et aux moyens spéciaux pour l’implantation du syndicat partout en Côte d’Ivoire …………………………………………………………………………………………………………………………..……..…. P. 3
4. Résolution n°3 relative a l’amitié avec le PCRCI ………………………………………………………………………..…..………. P.3
COMMUNIQUE FINAL DU PREMIER CONGRES ORDINAIRE DE L’USYPACI
Sur convocation de son bureau exécutif national, s’est réuni le samedi 21 novembre 2009 à Yamoussoukro, le premier congrès ordinaire de l’Union Syndicale des Paysans de Côte d’Ivoire (USYPACI) sur le thème suivant : pour la défense de la propriété foncière et des revenus des paysans de Côte d’Ivoire.
Ont répondu présents à ce premier congrès ordinaire, l’ensemble des sections installées, celles encore provisoires et des paysans individuels qui ont spontanément adhéré aux idéaux de l’USYPACI. Le congrès a fait le bilan du fonctionnement du syndicat depuis le congrès constitutif de 2005, mis au jour ses victoires et ses difficultés. Il a, en outre, discuté de tous les problèmes liés à la propriété foncière, à la faiblesse des revenus tirés de la vente des produits agricoles. Les problèmes débattus sont ceux rencontrés par les paysans de Côte d’Ivoire travaillant dans les diverses filières agricoles, particulièrement dans les filières du café et du cacao.
A l’issue des travaux, du premier congrès ordinaire, les participants ont adopté des motions interpellant les autorités ivoiriennes sur leurs responsabilités vis-à-vis des paysans de Côte d’Ivoire. Ces motions demandent au Gouvernement
1. D’attribuer aux frais de l'Etat des certificats fonciers aux paysans pauvres ;
2. De prendre en compte les propositions de l'USYPACI lors de la fixation des prix bord champ à l’ouverture des campagnes agricoles ;
3. D’adopter le système des prix garantis en lieu et place du système des prix indicatifs actuellement en vigueur ;
4. De prendre des mesures idoines pour mettre fin aux conflits fonciers violents ;
5. D’organiser dans les meilleurs délais, le procès des ex-dirigeants de la filière café/cacao afin que les paysans soient situés sur l’identité et le sort réservé à ceux qui se sont rendus coupables de dilapidation du fruit de leur travail.
Le congrès a également appelé les paysans à redoubler d’effort afin de rendre leur syndicat plus puissant, pour être en mesure de remporter des victoires plus importantes au cours des mois à venir. Le congrès à mis un accent particulier sur la nécessité de maintenir les relations du syndicat avec le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire dont les conseils et les actions de formation permettent aux paysans de Côte d’Ivoire de maîtriser leur destin. Les résolutions précises suivantes ont ainsi été adoptées en vue de permettre aux paysans de:
1. Mener sous la direction de l’USYPACI les combats pour la défense des prix ;
2. Payer les cartes de membres, les cotisations ordinaires pour assurer le financement courant de l'USYPACI ainsi que les cotisations exceptionnelles pour promouvoir l'implantation du syndicat partout en Côte d’Ivoire ;
3. Consolider leur amitié avec le PCRCI.
Fait à Yamoussoukro, le 21 novembre 2009.
Le congrès
RESOLUTION N°1 RELATIVE AUX COMBATS POUR
LA DEFENSE DES PRIX des productions agricoles
Considérant la faiblesse des prix bord champ fixé par l’Etat, ce qui crée la situation actuelle de misère des paysans de toutes les filières.
Considérant que ce prix, bien que faible n’est pas respecté par les acheteurs, et cela dans l’indifférence totale du Gouvernement, et des structures comme : BCC, FDPCC, FRCC, ARCC ;
Vu la consolidation des exemples d’initiatives de lutte et de combat pour la défense des prix par les paysans ;
Considérant que ces mouvements salutaires de prise de conscience et de prise en charge de soi qui s’organisent sous la direction de l’union Syndicale des Paysans de Côte d’Ivoire (USYPACI), doivent continuer pour mettre fin à la situation de misère que vivent les paysans depuis des années.
Le premier congrès ordinaire de l’union Syndicale des Paysans de Côte d’Ivoire (USYPACI), réuni à Yamoussoukro le 21 Novembre 2009, demande à toutes les organisations paysannes, à tous les membres et sympathisants de l’USYPACI, en un mot à tous les paysans de Côte d’Ivoire, toutes filières agricoles confondues,
1. De refuser de vendre leurs produits en dessous du prix officiel.
2. De rester vigilants et de mener les combats en restant en contact permanent avec les responsables nationaux et locaux de l’USYPACI pour la défense des prix de leurs produits
Fait à Yamoussoukro, le 21 Novembre 2009
Le congrès
RESOLUTION N°2 RELATIVE AU FINANCEMENT DE L’USYPACI ET
AUX MOYENS SPECIAUX POUR L’IMPLANTATION DU SYNDICAT
PARTOUT EN COTE D’IVOIRE
Considérant que l’USYPACI ne sera une grande force capable de défendre les intérêts de tous les paysans que si elle est implantée sur tout le territoire national ;
Considérant que l’implantation de l’USYPACI sur tout le territoire national nécessite des déplacements incessants des membres de la direction;
Considérant que pour implanter l’USYPACI partout en Côte d’Ivoire, les paysans ont intérêt à ne compter que sur leurs propres efforts comme ils le font depuis cinq ans ;
Considérant que les sections déjà installées ont une grande responsabilité dans l’installation des nouvelles sections ;
Le premier congrès ordinaire de l’Union Syndicale des Paysans de Côte d’Ivoire (USYPACI) tenu à Yamoussoukro ce jour, 21 Novembre 2009, engagent les paysans :
1. à payer leurs cartes de membres USYPACI dès après le présent congrès ;
2. à s’acquitter d’une cotisation exceptionnelle de 50.000FCFA par section constituée avant le 31 décembre 2009 ;
3. à aider le bureau exécutif national à se déplacer partout où les tâches du syndicat l’appellent.
Fait à Yamoussoukro, le 21 Novembre 200
Le congrès
RESOLUTION N°3 RELATIVE A L’AMITIE AVEC LE PCRC
Considérant que le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire (PCRCI) a constamment répondu présent à notre appel depuis le début de notre lutte en 2003 ;
Considérant que les conseils de ce parti permettent aujourd’hui aux paysans de Côte d’Ivoire de s’organiser, de poser leurs problèmes par eux-mêmes, de diriger un syndicat comme cela n’a jamais été le cas auparavant ;
Considérant que le combat des paysans de Côte d’Ivoire de toutes les filières agricoles ne fait que commencer pour la propriété foncière, pour des prix rémunérateurs pour le fruit de leur travail, pour s’affranchir de l’exploitation et de l’oppression qui les ont maintenu jusqu’à présent dans l’illettrisme et la misère ;
Considérant que nous aurons plus que jamais besoin de l’appui, des conseils et des actions de formation de ce Parti pour la suite de notre lutte ;
Nous, paysans participant au premier congrès ordinaire de l’Union Syndicale des Paysans de Côte d’Ivoire (USYPACI) à Yamoussoukro ce jour, 21 Novembre 2009,
1. Renouvelons notre amitié au Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire et à son Secrétaire Général EKISSI Achy ;
2. Leur demandons de continuer à nous assurer leur appui comme ils ont su le faire jusqu’à ce jour.
Fait à Yamoussoukro, le 21 Novembre 2009
Le congrès
ALLOCUTION DE CLOTURE DU SECRETAIRE GENERAL
Monsieur le Gouverneur du District de Yamoussoukro, Monsieur le Préfet de Yamoussoukro, Monsieur le Sous-préfet de Yamoussoukro, Monsieur le Maire de Yamoussoukro, Monsieur le Député, Majestés, rois et chefs traditionnels, Mesdames et Messieurs les responsables de partis politiques, Mesdames et Messieurs les responsables d’organisations syndicales, Chers amis journalistes, Mesdames et Messieurs en vos titres et grades, Chers camarades paysans militants de l’USYPACI, Chers camarades congressistes,
Honorables invités, Mesdames et Messieurs, votre présence massive, ce jour, est un honneur et un réel motif d’espoir pour nous paysans. L’Union Syndicale des Paysans de Côte d’Ivoire par ma voix vous en remercie infiniment.
Nous avons choisi de vous faire venir en fin des travaux. Pourquoi cela ? La raison est simple. Ne disposant que d’une seule journée pour finir ce congrès, nous avons dû commencer très tôt, à une heure où il n’est pas judicieux de déplacer des personnalités.
Nous sommes donc à la fin de nos travaux, nous venons de tracer de nouvelles perspectives à l’Union Syndicale des Paysans de Côte d’Ivoire, autrement dit à l’USYPACI. Ces perspectives sont consignées dans des textes de motions et de résolutions dont nous vous avons donné lecture de quelques-unes. Les motions seront transmises sous peu aux autorités de notre pays.
Honorables invités, Mesdames et Messieurs, votre présence massive, ce jour, est un honneur et un réel motif d’espoir pour nous paysans. L’Union Syndicale des Paysans de Côte d’Ivoire par ma voix vous en remercie infiniment. Nous sommes heureux de vous compter parmi les amis de la paysannerie ivoirienne. Nous vous souhaitons bon retour chez vous et souhaitons pouvoir compter sur votre aide à nouveau, à tout moment.
Chers amis journalistes, par ma voix, les paysans de côte d’ivoire vous remercient d’avoir accepté de couvrir leur congrès. Nous comptons sur vous pour que le message fort que les paysans viennent de délivrer soit porté grâce à votre aide, partout en Côte d’Ivoire et hors de la Côte d’Ivoire.
Chers congressistes, je vous remercie du fond du cœur de m’avoir à nouveau fait confiance pour diriger l’équipe de 18 membres désignée par vous pour gérer les affaires syndicales des paysans pendant une nouvelle période de quatre années. Nous saurons mériter de votre confiance ; mais nous comptons sur votre soutien de tout instant pour réussir la mission. C’est la condition pour que nous remportions de nouvelles victoires. Pour des victoires plus grandioses vous avez décidé que notre syndicat soit installé partout en Côte d’Ivoire et embrasse toutes les filières agricoles. Nous nous y engageons et ensemble avec vous tous.
Je vous souhaite bon retour dans vos villages ; je vous demande de porter la bonne nouvelle partout autour de vous et que la lutte continue.
Vive l’USYPACI !
Vive la lutte des paysans de Côte d’Ivoire !
Je vous remercie.
Yamoussoukro, le 21 novembre 2009
Le secrétaire général
Kouamé Kouadio Emmanuel