Les derniers événements au sommet de l‘Etat qui font planer des menaces réelles d’affrontements tribaux suffisent à eux seuls pour conclure que la haute bourgeoisie ivoirienne ne peut garantir l’entente entre les peuples de Côte d’Ivoire. Ce qui les intéresse c’est l’utilisation de ces populations comme bétail électoral.
En effet, la loi foncière de 1998 votée à 100% par tous les partis bourgeois au parlement de l’époque (FPI, RDR, PDCI, PIT) et présentée comme la solution miracle aux conflits qui minent la campagne n’est en réalité qu’une bombe à retardement.. Le flou qui entoure cette loi concernant les transactions passées entre les paysans sur les domaines coutumiers et les interprétations malveillantes que font certains barrons du pouvoir FPI de cette loi (la terre ne se vend pas selon eux), créent de plus en plus de désolation à la campagne. Depuis le vote de cette loi, les litiges fonciers se sont multipliés. Ces conflits tirent pour la plupart leur origine dans la tentative d’expropriation ou dans l’expropriation irrégulière des terres de certains paysans par les ex propriétaires, souvent avec le soutien des préfets, sous préfets et juges des localités.
Face à une telle situation, que doivent faire les paysans? Ceux d’Amanikouassikro et de Zaplakro (villages de Gadouan), ceux de Okakouakoukro (village de Saioua) et ceux de Dignango, confrontés aussi à une tentative de spoliation de leur terre viennent de montrer la voie à suivre. En effet, ces paysans organisés en comités de défense de leur terre ont récemment mis en déroute certains groupes qui tentaient de les spolier de leurs terres. Face à leur mobilisation et leur détermination, ces groupes et les forces de l’ordre venus les aider dans leur forfait ont abandonné leur funeste besogne.
Devant la gravité de tels actes qui affectent la paix à la campagne et menacent l’économie rurale déjà éprouvée par une politique de démission des gouvernants, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire (PCRCI)
1- Condamne ces tentatives honteuses d’expropriation des terres
2- Dénonce l’attitude complice des autorités administratives qui encouragent ces pratiques mafieuses
3- Félicite les paysans des localités concernées pour leur acte de bravoure et les exhorte à demeurer mobilisés et vigilants pour déjouer de nouvelles tentatives d’expropriation
4- Soutient sans réserve ces mouvements de luttes
5- Lance un appel pressant à tous les paysans de Côte d’ivoire afin de créer dans tous les villages, les campagnes, etc, des comités de luttes contre l’expropriation des terres foncières
6- Demande l’abrogation du code foncier rural de 1998 et l’adoption d’un autre code foncier moderne garantissant le bien être et la paix sociale à la campagne.
Abidjan le 15 Fevrier 2010
Le Secrétaire Général
A. Ekissi