En vertu de l’article 48, je dissous la CEI et le gouvernement ; je veux un « bon » gouvernement au service du peuple et non des partis politiques, pour sortir de la crise et une « bonne » CEI pour faire des élections justes et transparentes. Ainsi parlait le Président Laurent Gbagbo le vendredi 12 février 2010. Par une déclaration datée du vendredi 13 février, le RHDP annonce ne plus reconnaitre Monsieur Laurent Gbagbo comme chef de l’Etat de la Côte d’Ivoire, et appelle les Ivoiriens à s’opposer par tous les moyens à la dictature ; car « le peuple de Côte d’Ivoire souffre de la paupérisation généralisée, de la dégradation avancée du climat social, des délestages d’électricité, des coupures d’eau intempestives, des hausses anarchiques et arbitraires du prix du carburant ». Moins d’un mois après ces déclarations incendiaires de part et d’autre, voici nos deux regroupements de partis des hauts-bourgeois dans la même CEI et le même gouvernement comme par la passé. Oublié le peuple, oubliées les belles déclarations sur la crise et la misère du peuple au nom desquelles ces politiciens ne voulaient plus se voir et se sont déclaré la « guerre » par le peuple et l’armée interposés et qui ont fait des morts ainsi que de nombreux blessés.
Nos hauts-bourgeois toutes tendances confondues viennent de faire la preuve par neuf que ce qui les intéresse par dessus tout, ce sont les portefeuilles ministériels, la conquête ou la conservation du pouvoir pour se servir et piller les deniers publics. Ce faisant, se pose la question de savoir de quelle crise parlent les partis des hauts- bourgeois et qu’ils prétendent vouloir résoudre par les élections ?
Car, pour le peuple la crise qui le frappe de plein fouet et qui dure depuis au moins 1980, a pour nom : chômage; cherté de la vie; impossibilité de se soigner, de se nourrir, de se loger décemment, de scolariser ses enfants; pauvreté, misère ; avec aujourd’hui en prime le déni de nationalité. Pour le peuple cette crise est aussi celle du système néocolonial qui depuis toujours l’oppresse, l’empêche de s’épanouir, de s’émanciper, cela avec la complicité de tous les partis politiques des hauts-bourgeois qui prétendent être soit la solution, soit la chance, soit le sauveur du peuple.
Le peuple a encore en mémoire que tous ces gens et leurs partis, se sont succédé au pouvoir et n’ont résolu aucun de ses problèmes. Tous ont, par leurs politiques et leurs querelles servi au peuple misère et guerre.
Nous disons aux peuples de Côte d’Ivoire que les luttes entre partis de la haute bourgeoisie ne sont pas prêtes de prendre fin et que d’autres dangers les guettent au centre desquels il y a la question du déni de nationalité. C’est pourquoi face au bloc des partis des hauts-bourgeois et à leurs querelles, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire (P.C.R.C.I.) appelle les travailleurs et les peuples de Côte d’Ivoire à se mobiliser et s’organiser en toutes sortes de comités de lutte pour exiger dès maintenant la satisfaction de leurs revendications fondamentales que sont :
- la revalorisation des salaires ;
- le droit à la santé ;
- le droit à l’instruction ;
- le droit à une vie décente ;
- Le droit à la nationalité ;
- le droit de manifestation.
Fait à Abidjan le 4 mars 2010
Pour Le Comité Central
Le Secrétaire Général
EKISSI Achy