Editorial : UNE REVOLUTION A ECLATE, MAIS LES VICTOIRES ONT ETE MITIGEES : LA LUTTE CONTINUE !
Une révolution a éclaté en ce mois de février 2010. C’est le résultat de l’accumulation de l’énergie révolutionnaire depuis des années. Mais en dépit de l’héroïsme dont il fait montre, le peuple n’a pas encore réussi à surmonter les obstacles qui l’empêchent d’atteindre ses objectifs fondamentaux. Le premier obstacle c’est le pouvoir d’Etat que le peuple doit mettre bas pour se libérer ; un pouvoir d’Etat répressif ordonne à ses forces de tirer à vue sur des manifestants aux mains nues. Le deuxième obstacle est celui qui freine l’élan du peuple chaque fois qu’il va à l’assaut du pouvoir qui l’opprime et l’exploite ; ce sont les forces politiques qui nuisent à ses efforts de lutte mais qui lui font croire qu’elles font partie de ses amis ou qui se présentent même comme ses sauveurs. Le troisième obstacle est constitué par les faiblesses théoriques et organisationnelles du peuple lui-même.
Le premier obstacle est bien identifié et il n’y a pas de doute qu’avec le degré de rejet dont le pouvoir actuel est l’objet, la répression ne peut plus le sauver. La brutalité ne peut plus arrêter le peuple dans sa marche vers la liberté. En effet, ce pouvoir n’a tenu aucune de ses promesses en 10 ans d’exercice. Il a passé tout le temps à piller les richesses nationales, à affamer le peuple, à le priver de l’instruction et des soins de santé primaires. Ce pouvoir s’est en outre illustré par la démagogie. Il prétend lutter contre la France, mais il offre tous les secteurs stratégiques de l’économie aux entreprises françaises ; il n’a mis en œuvre aucune politique culturelle d’indépendance nationale par rapport à la culture française. Il cache son incapacité à satisfaire les aspirations du peuple derrière des prétextes. Un jour il dit que la guerre est finie quand cela l’arrange, le jour d’après il prétend que s’il n’a rien fait pour le peuple en 10 ans c’est parce que le pays est en guerre. Pendant ce temps, tous ses dignitaires ont un train de vie ahurissant, avec voitures de luxe, châteaux aussi inutiles qu’ostentatoires. Le peuple a tourné le dos au pouvoir en place dont le seul pilier est désormais la hiérarchie militaire qui vole à son secours quand il est en difficulté comme l’attestent les différentes déclarations politiciennes du chef d’Etat major des armées lors des derniers événements.
Le deuxième obstacle est lié au fait que le peuple, dans sa grande majorité, n’a pas encore compris qu’il ne sert pas à grand-chose de sortir des griffes du pouvoir actuel, celui d’un clan de hauts-bourgeois, pour confier son destin à un autre clan de hauts-bourgeois, celui du RHDP. Le RHDP a le même programme politique économique et social que le pouvoir actuel. Une preuve palpable c’est le RHDP cogère avec le FPI et les Forces Nouvelles le gouvernement de gaspillage en place depuis 2003. Si des forces politiques qui participent à un gouvernement budgétivore et incapable depuis près de 10 ans font des promesses il ne peut s’agir que de promesses démagogiques. C’est pour cela que le RHDP ne veut pas que le peuple sorte de sa position de dépendance. Chaque fois que le peuple est proche du but, prêt à se défaire du pouvoir répressif, le RHDP le freine dans son initiative. Ce fut le cas en 2005 quand le peuple était prêt de réussir à régler la question des audiences foraines. Ce fut le cas, en février 2010 lorsque le peuple était prêt à mettre fin au déni de nationalité et à ouvrir la voie vers un Etat démocratique avec la liberté de manifester et de désigner ses représentants. Le RHDP a lancé un mot d’ordre insurrectionnel pour se mettre à la hauteur des attentes populaires pour ensuite faire un virage à 180 degrés. Comment, en effet, passer en quelques jours du mot d’ordre de ne plus reconnaître Gbagbo comme président à celui d’entrer dans le gouvernement dirigé par celui-ci ?
(A suivre, page 4)
Sommaire
1. Rétablissement de la CEI : le coup d’état électoral du pouvoir FPI remis à plus tard ………………….. P. 2
2. Contentieux sur la liste électorale : les tribalistes mis à nu ………………………………. …………………….………………..... P. 2
3. Gouvernement SORO II : quand la montagne accouche d’une souris …………………………………………………………..... P. 4
RETABLISSEMENT DE LA CEI : LE COUP D’ETAT ELECTORAL DU POUVOIR FPI REMIS A PLUS TARD
La commission électorale indépendante (CEI) a été rétablie le jeudi 25 février dernier avec la cérémonie de prestation de serment des 31 membres de la dite commission. Peut après cette cérémonie, monsieur Youssouf Bakayoko a été élu président de la dite commission en remplacement de monsieur Mambé Beugré.
Pour rappel, le 12 février dernier dans un discours à la nation le chef de l’Etat Laurent Gbagbo informait la nation de la dissolution du gouvernement et de la CEI. Cette dissolution faisait suite à l’affaire des 429 000 pétitionnaires qu’auraient introduits monsieur Mambé sur la liste électorale. Les indications données par le chef de l’Etat pour la constitution d’une nouvelle CEI excluaient la présence des représentants des partis politiques contrairement à ce que préconisaient les accords de Pretoria. Il a été dit que la nouvelle CEI comporterait des personnes neutres qui ne seraient pas à la solde des partis politiques. Ces décisions, il faut le rappeler ont engendré des violentes manifestations dans tout le pays. La répression de ces manifestations par le pouvoir en place ont occasionnée la mort d’une dizaine de personnes, de nombreux blessés, des arrestations et des détentions.. Quelles analyses peut-on faire de la situation aujourd’hui ? La composition de la CEI a-t-elle changée par rapport à ce qu’elle était ? Selon les accords de Pretoria le format de la CEI est le suivant :
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ENTITES
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présidence
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Assemblé nationale
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FPI
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UDCY
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PDCY
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RDR
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MFA
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U D P C I
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P IT
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M P C I
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MJ P
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MP I G O
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REPRESENTANTS
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1
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1
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2
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2
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2
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2
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2
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2
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2
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2
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2
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2
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Selon cette configuration le bureau central de la CEI est constitué de 22 membres comme indiqué dans le tableau ci-dessus. Chaque parti politique signataire des accords de Marcoussis dispose de 2 sièges.. Seuls les 20 représentants des partis politiques et mouvements rebelles ont voix délibérative.
Primo, avec la nouvelle CEI, cette configuration n’a pas fondamentalement changée sauf que d’autres entités (ministère de l’économie et des finances, ministère de la défense, ministères de l’intérieur, cours suprême, conseil économique et social, le conseil supérieur de la magistrature, le barreau) ont fait leurs entrées et n’ont pas voix délibératives. Les partisans de Gbagbo sont minoritaires. La dissolution visait donc à bouleverser cette configuration pour modifier la majorité et mettre des personnes à la solde du camp présidentiel (personnes dites neutres par Gbagbo et ses partisans) en pôle position au sein de l’institution. Gbagbo a-t-il réussi, a-t-il totalement échoué ? L’avenir nous le dira.
Secundo, cette crise de la CEI montre une fois de plus que le clan présidentiel fait du contrôle de cette structure et donc de la liste électorale un axe principal de confiscation du pouvoir. Le clan présidentiel espère qu’une liste électorale taillée à la mesure de son candidat lui permettra de respecter une certaine légalité dans sa quête de confiscation du pouvoir, lui évitera de vives contestations populaires, et obligera la communauté internationale à valider son OPA sur les élections.
Tertio, cette crise a révélé le caractère impopulaire de ce pouvoir dont les méthodes font l’objet de rejet aujourd’hui de la part de la majorité de la population, y compris des personnes de son propre camp. La mobilisation exemplaire et la détermination des manifestants montrent la lassitude des ivoiriens devant les effets de cette crise. Crise qui perdure par la seule volonté du clan présidentiel et l’incapacité des différents clans bourgeois à s‘entendre sur le minimum de règles pour aller à des compétitions électorales. Le chef de l’Etat candidat ne disait-il pas qu’il n’ira jamais aux élections comme un mouton de sacrifice ? Les masses populaires ont apporté une première réponse appropriée aux dérives dictatoriales et fascistes de ce pouvoir aux abois. Elles ont donc intérêt à rester en éveil pour avoir leurs cartes nationales d’identité et leurs cartes d’électeurs et obtenir la tenue d’élections au cours desquelles elles puissent s’exprimer.
FARABA JUNIOR
juniorfaraba@yahoo.fr
CONTENTIEUX SUR LA LISTE ELECTORALE : LES XENOPHOBES A NU
Le contentieux sur le fichier électoral ouvert le 26 novembre 2009 et qui devait prendre fin le 09 janvier2010, a suscité et continue de susciter beaucoup d’intérêts chez les ivoiriens au-delà des querelles électoralistes des différents clans de hauts bourgeois qui lient leurs victoires électorales au contrôle de la liste électorale. Quelles sont les leçons ou les enseignements de cette opération d’identification qui focalise toutes les attentions ?
Au lancement de cette opération, face à la surenchère du clan présidentiel, les opérateurs techniques l’INS et la SAGEM avaient juré de traquer et de débusquer tout les fraudeurs sur la liste électorale.
Le premier constat est que le travail a été relativement bien fait. Toutes les forces politiques ont accepté la liste provisoire de 5,3 millions d’électeurs. C’est pour des raisons politiciennes que les partisans de Gbagbo, à la tête du courant tribaliste et xénophobe tiennent un autre langage depuis peu. Nous sommes donc sur la voie de parvenir une base de données sécurisée et un état civil fiabilisé et assaini.
Le deuxième constat est que cette opération d’identification a révélé que le vrai problème de l’état civil en Côte d’Ivoire n’est pas celui posé par les personnes cherchant à acquérir la nationalité ivoirienne. L’essentiel des cas de fraudes concerne les changements de dates de naissance, changements ou usurpation d’identité d’un parent vivant ou décédé. Les auteurs de ces faux et usage de faux visent à remplir les conditions pour présenter un concours, ou pour retarder un départ à la retraite, etc. Les victimes des goulots d’étranglement entre le cycle primaire et la classe de sixième sont en grand nombre parmi ces cas de falsifications de l’état civil. Et, tous ces actes ont été commis par des ivoiriens avec la complicité de l’administration ivoirienne elle-même. Ces cas constituent ce que l’opération d’identification a appelé le «renés» et doublons. L’opération d’identification a révélé que nationaux et non nationaux ont tous bénéficié de la falsification de l’état civil ivoirien grâce à la duplicité d’ivoiriens. L’état civil ivoirien était donc profondément corrompu.
Le troisième enseignement est le retour de la thèse d’ivoirité. La haute bourgeoisie ivoirienne avec à sa tête le clan présidentiel n’a pas tiré les leçons de la crise qui secoue notre pays depuis dix ans. A la faveur des luttes pré-électorales, la traque est encore lancée contre certains citoyens notamment les ressortissants du nord qui sont soupçonnés de fraude sur la nationalité ivoirienne. La presse au service de cette campagne tribaliste et chauvine se fait l’écho de dénonciations calomnieuses de personnes d’origine nordiste accusées d’être des faussaires. Des chefs de village instrumentalisés (exemple de ceux de Kokomian s/p de Koun Fao et de Cosrou s/p de Dabou) font des dénonciations calomnieuses, suivies d’arrestations arbitraires et sans preuves par la gendarmerie et le Centre de Commandement des Opérations de Sécurité (CECOS). Ce fut le cas à Dabou et à Williams ville, où 17 personnes ont été arrêtées nuitamment par le CECOS, avant d’être relâchées plus tard pour délits non constitués. De même le 16 janvier 2010, cinq militants FPI dont la députée FPI d’Attécoubé, Marie Odette Lorougnon ont déposé auprès de la CEI une plainte sans fondement contre près de 500 personnes dont 99% ont des noms à consonance nordiste pour fraude sur la nationalité aux fins d’être retirés de la liste électorale.
La quatrième leçon est la réouverture du débat sur l’intégration des personnes nées en Côte d’Ivoire sous le régime du droit du sol (enfants d’immigrés née avant 1960 et entre 1960 et 1972). Ces personnes sont ivoiriennes de droit et ont à ce titre participé aux élections sous Houphouët-Boigny. Se comportant en parti d’extrême droite et en véritable tribaliste, le FPI avait organisé la « résistance » en vidant ce droit de son contenu et en lui substituant une loi et un décret d’application pris en 2007 par Laurent Gbagbo, obligeant les personnes concernées à faire une demande de naturalisation.
Au total, la Côte d’Ivoire est rattrapée par son passé que les tribalistes et chauvins au pouvoir tentent d’occulter en utilisant des tours de passe-passe politiciens.. Pour notre part, la question nationale ne peut trouver une solution définitive que sous un pouvoir démocratique populaire qui ne souffre d’aucun déficit de légitimité et est détaché des bas calculs politiciens.
Il appartient donc aux masses populaires de se mobiliser pour mettre définitivement fin au déni de nationalité en érigeant ce pouvoir populaire. Un tel pouvoir sera une conquête des comités de luttes populaires à mettre en place par les masses en lutte. Ces comités de luttes seront partie intégrante des organisations de la démocratie révolutionnaire dont le PCRCI constitue le noyau central.
MARIE CRISTELLE DJEDJE
macrydjedje@yahoo.fr
GOUVERNEMENT SORO II : QUAND
LA MONTAGNE ACCOUCHE D’UNE SOURIS.
Du 12 février au 4 mars 2010, la Côte d’Ivoire est restée sans gouvernement. Et pour cause : le président Laurent Gbagbo, prenant prétexte des prérogatives excessives que lui confère les dispositions de l’article 48 de la constitution de type autocratique de la 2ème République de Côte d’Ivoire, a dissout celui qui était en place. A en croire son message à la nation à cet effet, le président Gbagbo entendait, par cette dissolution, donner à la Côte d’Ivoire un gouvernement de technocrates au service de la république et non des partis politiques.
Guillaume Soro, reconduit dans la fonction de 1er Ministre est sommé de former sous 72 h, un nouveau gouvernement. Bien évidemment, Gbagbo a sous-estimé ou même méprisé la réaction du peuple et de l’opposition et de tous ceux qui sont impliqué dans la réalisation de l’Accord Politique de Ouagadougou (APO), qu’il a lui-même librement signé. Il a certainement été surpris de l’ampleur des manifestations de désapprobation face à ses mesures qu’il croyait faire accepter sans aucune difficulté. Il a certainement été également surpris de constater que son premier ministre ait dû mettre plus de deux semaines pour mettre en place un nouveau gouvernement. Gageons qu’il a noté que le peuple ivoirien n’est plus à mépriser.
C’est finalement le 4 mars donc que le nouveau gouvernement, formé une fois encore de représentants de partis politiques, a pu se réunir au complet au terme de longues tractations, les dirigeants du RHDP ayant une du mal à se soustraire de la pression de leurs bases farouchement opposée à une entrée au gouvernement. Ce gouvernement a pour mission principale la préparation et l’organisation des élections générales, à commencer par l’élection présidentielle.
Les affrontements qui ont marqué les lendemains de la décision d’autocrate prise par Gbagbo, permettent de retenir quelques leçons : 1°) La ligne de démarcation entre les intérêts du le peuple de Côte d’Ivoire et ceux des hauts-bourgeois est devenue plus nette. 2°) Les hauts-bourgeois ivoiriens du FPI et ceux du RHDP, après s’être défiés et causé des morts pendant plus de deux semaines, ont comme par miracle, accepté de s’asseoir à nouveau à la même table pour tirer et boire le vin à la gloire du gouvernement Soro II et celle des douillets portefeuilles ministériels. 3°) Le RHDP s’est renié en faisant un virage à 180 degrés et consacre à nouveau Gbagbo comme président ou chef de l’état dont l’autorité ne saurait souffrir de contestations, et aux injonctions duquel il faut faire droit dans la formation du gouvernement. 4°) En dépit du ton martial et des exigences de Gbagbo concernant le format du gouvernement dans son discours de dissolution, le gouvernement quoiqu’en nombre légèrement plus restreint est resté celui des partis. 5°) Le double jeu ou langage des hauts-bourgeois ivoiriens face à la misère du peuple est manifeste et ils sont toujours prêts à s’entendre pour sacrifier le peuple ou à le prendre en otage chaque que leurs intérêts et leur survie politique sont en jeu. 6°) Les mots d’ordre insurrectionnels du RHDP ne visaient pas la mise à bas de la dictature mais à se servir du peuple pour mieux négocier les portefeuilles ministériels. 7°) Le président Gbagbo usant de la trilogie (maitre chien- chien- os) a eu raison du RHDP qui, en fin de compte, en se ruant sur les portefeuilles ministériels, lui permet d’avoir du répit et lui redonne l’espoir de récupérer un peu plus tard le processus électoral que le peuple était près de mettre définitivement en dehors de ses convoitises. 8°) La prise de conscience des peuples de Côte d’Ivoire est désormais réelle à en juger par l’ampleur des manifestations de contestations. Il y a lieu de compter désormais avec le peuple prêt à lutter avec héroïsme pour son bien-être et qui ne demande qu’à être organisé et qui doit être organisé en comités de lutte, c’est-à-dire en soviets.
Polmaux Pagoti.
Editorial : suite de la première page
La manœuvre du RHDP a donc consisté à lancer son mot d’ordre pour amener le peuple à se lancer à l’assaut du pouvoir, non pas pour le faire tomber, mais simplement pour amener celui-ci à négocier pour un repartage des portefeuilles ministériels. Grâce à l’énergie du mouvement populaire, le RHDP a atteint ses objectifs ; mais ceux du peuple ne sont pas atteints. Les conditions de vie du peuple ne sont nullement améliorées. Pire, des personnes sont mortes pour rien, le sort des combattants en prison est encore l’objet de tractations, d’autres combattants sont exposés à des poursuites et à des menaces d’arrestation et d’emprisonnement. Pendant ce temps, le RHDP peut crier, vive les portefeuilles ministériels et continuer à nourrir le peuple d’illusions quant à son hypothétique victoire électorale sur Gbagbo. Ce que vient de réaliser le RHDP, se nomme abuser du peuple.
Le troisième obstacle, celui lié à la faible organisation du peuple est en voie d’être solutionné. L’héroïsme dont savent faire preuve les hommes, les femmes et les jeunes de ce pays est très rassurant à cet égard. Il ne manque qu’une chose. Le peuple n’a pas encore totalement compris que le RHDP et le clan présidentiel, c’est bonnet blanc, blanc bonnet. La stratégie de conservation et de conquête de pouvoir de ces deux clans est basée sur la ruse. Le RHDP prétend qu’il agit comme il le fait pour ne pas donner de prétexte à Gbagbo pour retarder la tenue des élections. Gbagbo est loin d’être le niais que le RHDP croît. Il y a de fortes chances que ce soit sa propre image que le RHDP projette sur Gbagbo. Gbagbo est le principal signataire de l’APO ; s’il a pris les décisions du 12 février qui sont manifestement contraires à l’APO, il l’a fait en connaissance de cause. Et en faisant croire qu’il agit pour attirer Gbagbo dans l’APO, le RHDP essaye de nous amener à prendre des vessies pour des lanternes. Gbagbo est sorti de l’APO et il n’y reviendra pas. Il n’a qu’un objectif, se maintenir au pouvoir. Les moyens pour y parvenir sont variés. Il peut gagner du temps et repousser le plus loin possible la tenue des élections (il vient de gagner deux mois au moins). Cela peut lui permettre par petites touches de reprendre le processus électoral en main. Il finira par confier la gestion du processus au ministère de l’intérieur. Alors, même des candidats risquent de ne plus figurer sur la liste électorale.
C’est admirable d’avoir mener les luttes comme cela vient de se dérouler sur toute l’étendue du pays. Ce qu’il faut changer, c’est de mener les prochaines luttes de sorte que le résultat soit la résolution des problèmes du peuple : mettre fin à la misère, libérer l’école, rendre accessibles les soins de santé primaires au peuple, etc. Pour cela, la lutte doit viser à la mise en place d’un pouvoir au service du peuple et non d’un gouvernement de partage du gâteau sur le dos du peuple. Pour ce faire il faut améliorer le cadre, les moyens et la manière de mener le combat. Le cadre ne doit plus pouvoir être désorganisé selon le bon vouloir de politiciens qui ont intérêt à briser les luttes ; les luttes doivent se dérouler dans le cadre de comités de lutte. L’organisation à mettre en place doit permettre de débusquer les provocateurs dont le rôle est de discréditer les luttes populaires. Les cibles de la lutte doivent être bien déterminées. Le PCRCI et toute la démocratie révolutionnaire sont à la disposition de tous les combattants pour une lutte au service de tous ceux qui aspirent à la révolution. C’est à ces conditions que la volonté du peuple sera réalisée à travers un Etat démocratique moderne.
La Rédaction