Les acteurs et auxiliaires du transport ont entrepris un mouvement de grève depuis le lundi 12 avril 2010 pour protester contre les hausses intempestives des prix du carburant et amener le gouvernement à revenir sur ces hausses. Le mot d’ordre de grève est formulé comme suit : « Le gouvernement de la Côte d’Ivoire n’ayant pas été attentif à notre cri du cœur suite à l’augmentation du prix du carburant à la pompe le 1er février 2010, cette deuxième augmentation du prix du carburant entrée en vigueur le 1er avril est insupportable pour tous les Ivoiriens en général et pour notre secteur en particulier. C’est alors pour parler d’une même et seule voix, face à cette augmentation de trop, que le comité de crise des syndicats, acteurs et auxiliaires du transport, a reçu mission de la base, de faire un arrêt général de travail dénommé :"Journées sans transport", à partir du lundi 12 avril 2010,et cela, jusqu’à ce que le prix du carburant soit revu à la baisse. Nous comptons sur la compréhension, la bonne foi de tous ».
Bien que le gouvernement ait été saisi depuis longtemps des préoccupations des syndicats du transport, il n’a rien fait pour résoudre les problèmes posés, à tout le moins pour engager des négociations avec les intéressés. Le gouvernement reste donc sourd aux préoccupations des transporteurs et partant à la souffrance du peuple dans son ensemble. Cela ne lui fait ni chaud ni froid que l’économie du pays s’arrête. L’économie s’arrête dans la mesure où les salariés des entreprises privées, les fonctionnaires, les artisans, les commerçants ont, dans leur grande majorité, du mal à se rendre à leur lieu de travail.
La Côte d’Ivoire est ainsi sous la férule d’un gouvernement totalement coupé des préoccupations du peuple. A quoi sert un tel gouvernement ? La question mérite d’être posée puisque ce gouvernement est incapable depuis trois ans d’organiser une simple élection. Ce gouvernement ne prévoit rien, ne résout rien conformément aux attentes du peuple. Ce que l’on constate, c’est qu’il n’a que trois préoccupations : i) son maintien en place ; ii) le financement de son train de vie ; iii) le paiement des salaires des fonctionnaires.
Pour son maintien, les moyens utilisés sont : la souillure, la corruption, l’intimidation et la répression. Pour le financement de son train de vie, il use d’augmentations continues des taxes sur la consommation, dont le pétrole ; il use également du racket. Avec la manne financière ainsi extorquée au peuple, les membres du gouvernement et tous les hauts-bourgeois sont exclusivement préoccupés par l’agrandissement de leurs parcs autos et la construction et l’entretien de leurs châteaux. Pour assurer le financement de son train de vie, le gouvernement n’oublie pas de verser les salaires des fonctionnaires chargés de collecter leurs impôts, leurs droits d’entrée et de sortie également répercutés sur les consommateurs. Mais les salaires payés aux fonctionnaires sont si rongés par l’inflation qu’ils sont faciles à payer. Et comme tant que les fonctionnaires ne se battront pas plus qu’ils ne l’ont fait jusqu’à présent pour la revalorisation de leurs salaires de misère, le gouvernement continuera dans son attitude de mépris à l’égard de tous, ses seules vraies préoccupations restant son maintien en place et le financement de son train de vie.
Le combat conduit par le comité de crise des syndicats, acteurs et auxiliaires du transport est donc juste et mérite d’être soutenu par tous. C’est un combat contre les hausses des prix du carburant, mais également contre les augmentations des prix des transports, y compris ceux de la SOTRA qui utilise aussi du carburant. C’est également un combat contre les hausses des prix sur les marchés, en particulier sur les produits de grande consommation.
C’est pourquoi le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire soutient cette lutte, appelle le peuple dans son ensemble à soutenir ce combat qui est un bon exemple de ce qui doit être fait face à un gouvernement qui ne se soucie pas des intérêts de la majorité.
Fait à Abidjan le 14 avril 2010
Pour Le Comité Central
A. EKISSI
Secrétaire Général